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Annik Reymond – peintures et dessins

Ecrits à l'œuvre #1

16 Septembre 2010 , Rédigé par Annik Publié dans #Ecrits à l'œuvre

Lorsque ma peinture est achevée, lorsque c'est «ça», lorsqu'elle est alignée avec ce que je ressens, c'est une satisfaction – parfois un soulagement aussi.

Je pose alors mes outils et regarde ma peinture: c'est une peau morte, une mue. Elle est la trace que j'ai réussi à rendre fidèle d'un instant, mais d'un instant passé. Elle a cessé de vivre. 

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T
<br /> <br /> moi ce que j'aime c'est quand je suis surpris par le résultat<br /> <br /> <br /> besos<br /> <br /> <br /> tilk<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Oui, pour moi c'est nécessaire aussi.<br /> <br /> <br /> <br />
P
<br /> <br /> mais elle revivra un jour ou l'autre !! sous un autre regard, ou le tien d'ailleurs...<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Oui, certainement… Mais j'ai l'impression que ça lui appartient en quelque sorte… ^^ Ça ne dépend plus de moi. Mais peu importe d'ailleurs, ce n'est pas triste pour moi, une mue. C'est<br /> plutôt fascinant, la trace du passé, de ce qui est devenu trop étroit, c'est forcément à laisser derrière soi! Et si elle reprend vie, la mue, c'est quand même en tant qu'objet du passé, pour<br /> moi…<br /> <br /> <br /> <br />
P
<br /> <br /> Je te sens dure avec toi-même sur ce coup ! tes créations achevées devraient te rendre fière de leur existence propre..non ?<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Je ne le vois pas du tout comme ça. Lorsque c'est "juste" pour moi, c'est justement que je ne suis pas attachée à la forme de ce que je viens de produire. Je n'ai pas d'intention de beau, au sens<br /> esthétique, extérieur à moi. Ma peinture est la trace d'un instant passé, passé à sentir (aesthesis se trouve là) et à transcrire. Après, la façon dont elles vivent dans le regard des autres me<br /> touche plus ou moins selon comment elles sont perçues – ce qui me touche le plus étant de sentir en écho une émotion chez l'autre.<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> <br /> Oui, d'accord avec Raphaële, ton "lacher-prise" redonne vie à l'oeuvre, elle entre en résonance avec nos vies à nous en se mêlant à nos regards, nourrissant nos réflexion et éveillant nos<br /> émotions..... Cela doit être quelque peu étrange par moments cette position de témoin privilégié et parfois intime de l'écho d'une création ? Je me dis que les oeuvres qui nous touchent agissent<br /> aussi comme des révélateurs de soi, les artistes donnent naissance à leurs créations mais cela va plus loin dans un don qui porte à l'épanouissement de l'autre. Une oeuvre qui prend vie auprès<br /> des spectateurs les transforme en acteurs de cette vie, une émancipation par ricochet qui échappe au créateur qui en récolte néanmoins des bribes.... Cela reste mystérieux pour moi tout cela :)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Merci pour ton message Danièle, ce que tu dis est très riche.<br /> <br /> <br /> Voilà que je te réponds: pour moi le lâcher prise a lieu bien avant: au moment de créer.<br /> <br /> <br /> La peinture / le dessin lorsqu'il est "juste" pour moi, est une trace de ce moment où j'ai plus ou moins pu lâcher prise, laisser de côté toute volonté de tracer, toute tentation de résultat,<br /> d'utilisation de "trucs" ayant fonctionné par le passé, de re-production. C'est parfois une bagarre éreintante, d'autres fois ça se fait presque tout seul, mais toujours hors du champ de ma<br /> volonté, de mon contrôle: lorsque "je" s'évanouit…<br /> <br /> <br /> Mais c'est vrai que le regard de l'autre m'importe énormément. C'est pour l'autre que je mets ensuite en forme cette production de l'instant, je maroufle, je prends soin de la présentation, pour<br /> aller à la rencontre de l'autre, et à l'écoute de l'écho dans l'autre de ce que j'ai transcrit sur le papier.<br /> <br /> <br /> Ce n'est pas étrange, non, c'est comme un soulagement lorsque je rencontre cet échoma bouteille à la mer a rencontré quelqu'un. C'était mon postulat de départ d'ailleurs: créer d'une manière<br /> assez juste, assez vraie, assez intense et authentique pour à aller à la rencontre d'un Autre partageant les mêmes colorations émotionnelles que moi, de façon à ce que nous puissions communiquer<br /> à partir de là. J'étais certaine que cela devait exister quelque part.<br /> <br /> <br /> L'autre, je n'attends pas qu'il conforte mon ego, qu'il me conforte dans tel ou tel statut, mais qu'il me dise s'il connaît ce vécu que j'ai pu transcrire, qu'il me fasse signe du lien humain qui<br /> nous lie.<br /> <br /> <br /> Donc, pour moi, ce n'est pas que "ça" m'échappe, mais que je lance "ça" à la recherche de l'autre. Une parole qui n'est adressée à personne en particulier, mais en attente d'un signe de<br /> réception.<br /> <br /> <br /> Oui c'est un mystère, et j'ai déjà eu des échos de cela: comme si ce que j'arrivais parfois à imprimer sur le papier pouvait se redéployer chez l'autre, non pas à l'identique, mais dans des<br /> harmoniques semblables. Il doit y avoir de l'essentiellement humain là-dedans, et c'est fondamentalement ce que je cherche: ce qui nous lie tous.<br /> <br /> <br /> Je suis heureuse de cet échange avec toi… :-)<br /> <br /> <br /> <br />
G
<br /> <br /> Les dates...<br /> <br /> <br /> Ce doit être d'avoir trop bossé tous les jours, perte de repères!<br /> <br /> <br /> Après-demain donc, je penserais fort à toi!<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> :-D Merci!<br /> <br /> <br /> <br />